Le processus psychothérapeutique en PCI

Le processus psychothérapeutique

Au centre du processus psychothérapeutique PCI :

LE CORPS ET LA RELATION

Quand une personne consulte en thérapie, il peut s’agir d’une demande d’aide liée à une expérience traumatique : un choc après accident de voiture, après un décès proche, un harcèlement moral...

La plupart du temps, la demande émerge après un long processus où la personne, dans sa vie conjugale, familiale, professionnelle... n’arrive plus à se sentir bien, à être suffisamment épanouie avec sa manière habituelle de fonctionner. Ainsi, un homme, qui depuis son enfance, a appris à être aimable, gentil, obéissant et performant, à faire le maximum, peut à un moment donné se retrouver dans une situation de burn-out professionnel, de crise conjugale (surtout s’il a un patron et/ou une épouse exigeants, toujours insatisfaits...). Ses modes habituels de fonctionnement (être gentil et performant pour satisfaire l’autre) deviennent insuffisants... pour le satisfaire lui. Ses comportements de survie, sa vision du monde ne suffisent plus pour goûter à la Vie et s’épanouir dans le monde.

C’est dans notre enfance que nous avons tous appris à développer des réflexes de protection, d’adaptation, de fonctionnement en relation avec nos figures d’attachement (nos parents...).

Quand papa est autoritaire et pique des colères, j’ai peur, je me sens en insécurité et j’apprends à me conformer, à obéir. Quand maman est déprimée, j’apprends à être gentil, à me mettre à son service car j’ai besoin de maman et je me sens en insécurité quand elle ne va pas bien.

L’objectif en thérapie PCI (comme dans les autres thérapies humanistes)est de pouvoir vivre d’autres expériences relationnelles, différentes du passé, qui permettent de développer d’autres ressources, d’être plus soi-même en relation, à l’écoute de ses besoins, de se sentir en sécurité intérieurement afin d’accueillir les vagues de la vie.

Or, les humains ont hérité des mammifères une série de réflexes de survie avec lesquels ils tentent d’agir sur l’environnement : ainsi la sensation de faim amène la recherche de nourriture, la sensation de froid le fait de s’abriter, la perception d’un prédateur le réflexe de fuite... Dans le vie relationnelle (familiale, scolaire, professionnelle...), le cerveau de la personne en survie (bloquée dans ses blessures du passé, ses manques, ses peurs) repère ce qui peut être dérangeant, dangereux (en fonction de ses croyances) et son organisme se mobilise, se stresse (tensions musculaires, augmentation du rythme cardiaque...) pour lutter contre ce qui la dérange ou pour éviter le danger.  La personne interagit avec son environnement dans un état de vigilance : son attention est à l’extérieur d’elle-même. Par le contrôle, elle tente de développer une sécurité extérieure.

Ainsi, je ne peux m’empêcher d’être angoissée et de trembler quand je vois mon patron, je ne peux m’empêcher d’être irrité et aux aguets quand ma nouvelle épouse fait des remarques, mêmes justifiées à mes enfants...

En PCI, nous soutenons la demande de la personne qui est justement de sortir de la survie, de quitter les comportements réflexes, les croyances et les peurs du passé.

Nous soutenons la vitalité de la personne dans l’expérience vécue ici-maintenant pour qu’elle développe une sécurité intérieure : ce lieu en moi où je me sens vivant, où je ressens ce qui est vrai pour moi aujourd’hui en relation et à partir duquel je fais des choix libres en fonction de mes besoins réels plutôt que de lutter contre ce qui est, contre mes émotions, prisonnier de mes blessures, mes manques, mes peurs liées aux expériences passées de mon enfance.

Un des outils fondamentaux que la PCI a développé afin de permettre à la personne d’utiliser, dans le présent, son pouvoir d’être plus pleinement soi-même en relation en contactant une sécurité intérieure, est la Conscience Corporelle : c.-à-d. la conscience de ce que je ressens dans mon corps. Elle ramène l’attention à l’expérience vécue dans le corps, à ce que je vis dans mes sensations ici-maintenant. La conscience corporelle permet de revenir en contact avec soi-même, de remettre le focus sur soi, de retrouver son centre de gravité : je me permets de sentir ce qui est bon ou pas pour moi, mon corps est le baromètre de mon expérience.

La conscience de son expérience corporelle permet à la personne de ressentir dans son corps les effets de son mode de gestion de son expérience.  Cette expérience ressentie dans le corps (des douleurs, des tensions...) est le moteur qui pousse l’organisme à sortir de ses défenses, à trouver, avec les bonnes conditions, un autre mode de gestion plus efficace et satisfaisant. 

Si, chaque jour, je me lève avec une boule d’angoisse à l’estomac avant de partir au boulot et que je reviens du travail avec une migraine, des aigreurs d’estomac car je suis régulièrement débordée dans mon travail où je vérifie tout minimum trois fois car je ne suis pas sûre d’avoir bien fait, je vais avoir envie/besoin de trouver des outils pour, en confiance, m’appuyer sur mes compétences, développer de l’intérêt dans mon activité et du plaisir dans les relations.

Plus que la volonté, le ressenti est un moteur puissant qui pousse notre organisme à réagir de façon optimale.

En PCI, nous essayons de développer les bonnes conditions relationnelles qui permettent au patient de se dire, d’être vu, entendu et reconnu dans son expérience, ses besoins afin qu’il puisse vivre des expériences relationnelles guérissantes, différentes du passé. Expériences où il peut être entendu et reconnu dans sa souffrance (ses manques et blessures) et où il peut donc utiliser le thérapeute comme bon parent qui prend soin de lui. Dans ces expériences, il peut développer des modes de fonctionnement en relation où il peut être plus pleinement lui-même, plus authentique, à l’écoute de ses besoins, en sécurité, à accueillir ce qui est (les expériences de la vie) plutôt que d’essayer de se protéger, de lutter contre ce dont il a peur (revivre les blessures, les manques du passé).

Ces bonnes conditions sont les mêmes pour le parent dans la relation avec son enfant ainsi que pour le thérapeute vis-à-vis de son patient : être une personne suffisamment

  • présente : il est capable de développer une attention à ce qui est, à soi (son expérience corporelle, émotionnelle, cognitive) et d’être disponible à l’expérience du patient
  • vivante : le thérapeute est responsable de sa propre vitalité (et le patient peut s’appuyer sur cette source de vie)
  • contenante : il peut soutenir le processus relationnel avec le patient (notamment accueillir les charges transférentielles, les émotions...)
  • en syntonie : il est capable d’être en empathie avec l’expérience émotionnelle du patient afin de lui faire des reflets, des miroirs appropriés, soutenant son expérience.

Au fur et à mesure du processus thérapeutique, le thérapeute et le patient tissent ainsi un lien, une alliance, un cadre relationnel secure où le patient fait l’expérience d’être vu, entendu et reconnu. A l’intérieur de ce cadre relationnel, le thérapeute soutient la personne à développer ces mêmes compétences pour elle-même, pour devenir son propre bon parent et être responsable de sa vie : suffisamment présent à son expérience, vivant, contenant, à l’écoute de ses besoins et en sécurité en relation.

 

Dr Eric Delens
Psychothérapeute, formateur PCI